Heli: le Mexique c’est du brutal

Récompensé du prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes, Amat Escalante, 35 ans, marque invariablement les esprits avec son cinéma frontal. Depuis 2005, date de son premier film, le réalisateur d’Heli, qui sort ce mercredi, nous donne à découvrir la société contemporaine mexicaine sans craindre de choquer. Pour alerter sur une situation devenu intenable pour les plus modestes.

Gala: Au Mexique, le poids des cartels et le niveau de corruption de la société sont tels que des journalistes payent leur

témérité, encore récemment, de leur mort. Vous êtes conscient des risques que vous encourez comme cinéaste?

Amat Escalante: Le seul risque serait que le public n’ait pas envie de voir mon film. Ce serait ça, la pire sanction. Sinon, les faits dont je m’inspire ne visent personne en

particulier. Ils disent une situation, hélas quotidienne.

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Gala: On s’habitue à l’horreur et à la violence que génèrent les membres des cartels?

A. E.: On se blinde. Un cousin a été enlevé contre rançon. Il a fallu payer. Les journalistes mexicains que j’ai rencontrés hier m’ont dit espérer pouvoir rendre compte du film sans que leurs médias invoquent la

saturation.

Gala: Vous ne nous épargnez rien dans les scènes de torture.

A. E.: Elles sont très réalistes, car je ne voulais surtout pas les styliser. Il est hors de question pour moi de paraître complaisant avec un aspect de la vie mexicaine dont il faut prendre conscience. La brutalité dont font preuve certains est le fruit d’une dégénérescence sociale terrible.

Gala: Mais ça reste du cinéma.

A. E.: Bien sûr. La vie au Mexique est également douce pour une majorité de mes compatriotes. Je suis reconnaissant à Thierry Frémaux d’avoir pu m’offrir

une telle exposition de mon travail lors du dernier festival de Cannes.

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