Compléments alimentaires : les Français les ont adoptés

Les compléments alimentaires ont conquis le coeur des Français et représentent un marché de près de 2 millions d’euros en 2018. Cet engouement est croissant alors même que ces produits ne peuvent revendiquer un réel intérêt thérapeutique.

“Cette cure de

gelée royale m’a remis(e) d’aplomb !”

Vitamines,

minéraux,

probiotiques,

phytothérapie, produits de la ruche… la liste des compléments alimentaires est longue. Un récent sondage révèle que près de la moitié des français (46%) y ont déjà eu recours et une grande partie d’entre-eux se dit convaincue de leur efficacité. Les produits naturels qui visent la santé sont désormais les plus prisés. Des chiffres surprenants quand on sait que ces produits sont souvent perçus comme “trop chers” et qu’ils ne sont assortis d’aucune preuve scientifique.  Un marché qui exploseLe marché des

compléments alimentaire a représenté 1,9 milliard d’euros en 2018 (en légère augmentation par rapport à l’année précédente) selon des chiffres publiés mercredi par le syndicat des compléments alimentaires (synadiet). Les chiffres d’un sondage Opinionway en partenariat avec ce dernier (étude réalisée auprès d’un échantillon national représentatif de 1065 Français âgés de 18 ans et plus) révèle que :

  • 46% des Français disent avoir déjà consommé des compléments alimentaires ;
  • 31 % des Français ont recours à des compléments alimentaires au moins une fois par an.

Près de la moitié des ventes est réalisée en pharmacie qui se place devant la vente directe et la vente à distance (notamment sur internet), les magasins bio, les grandes et moyennes surfaces et les parapharmacies.Un intérêt santé marqué93% des consommateurs de compléments alimentaires le font dans une optique de “santé”. Les principales indications sont la digestion, l’humeur, le stress, le sommeil et la vitalité. A contrario, le secteur de la beauté et de la minceur semblent délaissés. Les supplémentations anti-âge (collagène, acide hyaluronique), les “boosteurs” métaboliques (comme la bromélaïne ou les molécules extraites du thé vert ou du piment) ou encore les comprimés pour les ongles ou les cheveux ne sont plus à la mode. Une préférence pour le naturel“Naturels ou synthétiques ?”, en tout cas les Français semblent faire la différence. La mode du “healthy” et du naturel touche aussi le marché des compléments alimentaires. En effet, 40% des consommateurs de compléments alimentaires se disent motivés par leur origine naturelle. Le marché de la phytothérapie et des magasins bio connaît un véritable essor selon le syndicat.“Depuis 2002, la législation fait entrer les produits de phytothérapie (plantes ou préparation de plantes) dans la catégorie des compléments alimentaires qui sont définis au sens large. Ils ne se limitent plus désormais aux vitamines et aux minéraux qui complètent l’alimentation. Tous les produits qui ont un effet nutritionnel mais aussi physiologiques (anti-oxydants, anti-inflammatoires…) entrent désormais dans cette catégorie. Il serait plus juste de parler de supplémentation comme le font les Anglo-Saxons (qui parlent de “supplement food”)” , selon Christel Chapteuil ( présidente de Synadiet).Compléments alimentaires : Des points de blocages Trop chers ! La majorité des Français les trouvent encore trop chers. En effet, certains produits peuvent monter jusqu’à une centaine (voire plusieurs centaines) d’euros. Selon eux, l’intérêt thérapeutique des compléments alimentaires devrait mener à leur démocratisation. 50% considèrent que ces produits devraient être prescrits par le médecin et remboursés par la Sécurité sociale. Pour la plupart des consommateurs, les compléments alimentaires ont des effets préventifs et curatifs évitant le recours systématique aux médicaments aux multiples effets secondaires. Ce n’est pourtant pas l’avis des instances scientifiques qui, quant à elles, restent sceptiques.Le manque de preuves scientifiques“Par définition, un complément alimentaire ne peut avoir ni revendiquer d’effets thérapeutiques”, indique l’Agence nationale de sécurité sanitaire et de l’alimentation (Anses) sur son

site internet.Par ailleurs, plusieurs études ont conclu, pour la grande majorité des compléments en vitamines ou minéraux, à l’absence d’intérêt prouvé (c’est le cas par exemple

d’une récente étude américaine de 2018 qui recense les résultats de 179 études menées depuis 2012 sur les effets cardiovasculaires des compléments alimentaires).Des scientifiques spécialisés en nutrition pointent aussi du doigt l’incapacité des compléments alimentaires à pallier des défaillances nutritionnelles. C’est notamment le cas du scientifique Anthony Fardet qui considère (dans son ouvrage

“Mangeons vrai ! Halte aux aliments transformés”) qu’une alimentation à base de produits bruts ne peut être remplacée par des produits enrichis en nutriments ou par des compléments alimentaires.Des divergences et un manque d’informationsEnfin, le sondage dévoile que 6 Français sur 10 se sentent peu informés sur les compléments alimentaires. Le marché des compléments alimentaires souffrent d’un manque d’information, mais aussi d’une divergence d’informations : “Je prescris régulièrement des produits naturels et de la phytothérapie à mes patients. Je considèrent qu’ils sont efficaces, notamment dans un cadre préventif afin d’éviter le recours à des médicaments qui connaissent des effets secondaires” confie ce mercredi matin Michel Tourasse, médecin phytothérapeute. Ce n’est pas

l’opinion de l’Académie de pharmacie qui a consacré un rapport consacré aux compléments alimentaires à base de plantes. Elle rappelait que certains avaient des effets proches des médicaments sans être aussi bien encadrés et mettait en garde contre un mauvais usage potentiellement à risque (consommation de plusieurs produits, dépassement des doses recommandées). Elle

alertait en outre sur les dangers de ceux contenant du suc d’aloé ou des racines de rhubarbe, utilisés pour leur effet laxatif.Il en va de même des autorités de santé : l’an passé, l’Anses a souligné que

les compléments alimentaires contenant de la mélatonine, censés faire mieux dormir, comportaient des risques d’effets secondaires (vertiges, irritabilité, tremblements, migraines, nausées…). Celle-ci recommande aussi sur son site internet : “d’éviter des prises prolongées, répétées ou multiples au cours de l’année de compléments alimentaires sans s’entourer des conseils d’un professionnel de santé”.A lire aussi : 

Complément alimentaire : Des dangers pour la santé ? 

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